Lutte de classe

 

 

Réponse à un courriel d’un ex-militant du PT (CCI) et de JR

 

J'ai reçu un long courriel d'un jeune camarade qui a quitté récemment le PT (courant CCI) et Jeunesse révolution. En voici quelques extraits commentés en guise de réponse. J'ai rédigé ma réponse sous la forme d'une discussion ouverte et elle doit être pris comme telle, ce n'est pas un document à valeur théorique à proprement parlé.

 

"(...) il y a d'abord les rapports humains, j'avais vraiment du mal à supporter et à m'entendre avec certains camarades, t'as beau être dans un parti pour militer avant tout et combattre pour la même cause il n'en reste pas moins que nous sommes des hommes avec un cœur (ou pas) et le côté humain n'existe pas dans une telle organisation, l'esprit de camaraderie et de fraternité n'est pas très présent non plus..."

 

Tu sais sans doute qu'à la base le marxisme se présente ou se revendique aussi comme la forme d'humanisme la plus élevée dans la mesure où il ne se borne pas à combattre une forme de domination pour la remplacer par une autre, car il vise la suppression des classes sociales, l'extinction  de l'Etat, et à mettre un terme définitif à l'exploitation de l'homme par l'homme. C'est histoire dans son développement dialectique qui impose au prolétariat la nécessité de liquider la société divisée en classes sociale, le marxisme ne fait que mettre en lumière ce processus en le mettant à la disposition du prolétariat pour qu'il s'en saisisse, autrement dit pour qu'il en prenne conscience et se donne les moyens d'accomplir cette tâche que l'histoire lui a réservée au profit de l'humanité tout entière, notamment à travers la construction d'un parti révolutionnaire dans chaque pays et d'une Internationale ouvrière.

 

Maintenant, certains ont fait du marxisme un système, ils l'ont ravalé au rang d'une théorie détachée de la réalité des rapports sociaux d'exploitation et de la lutte de classe, d'une idéologie, alors qu'en fait, il ne fait que traduire le sens de l'histoire de la civilisation humaine et son fonctionnement depuis le néolithique...

 

Il ne serait pas correct de prétendre que le marxisme se borne à interprèter l'histoire, car cela tendrait à faire corire qu'implicitement une forme de subjectivisme existerait d'une manière ou d'une autre dans le marxisme sans être vraiment défini, incontrôlé ou inconsciente en quelque sorte, ce qui n'est pas exact ou demande à être précisé.

 

En réalité, il s'appuie sur les faits qu'on peut tenir comme des acquis objectifs, et les expériences du mouvement ouvrier, qui constituent à leur tour une partie de la réalité objective, mais qui comporte aussi une part de subjectivité, puisqu'elles agissent sur la conscience des masses dans un sens ou dans un autre, dans la mesure où elles sont capables ou non d'en tirer les enseignements pour aller de l'avant ou non, pour s'organiser.

 

La principale donnée qui nous échappe consiste justement dans notre incapacité ou la difficulté à déterminer avec précision de quelle manière, à quel rythme, quand et comment le prolétariat prendra conscience de lui-même, du rôle qu'il a à jouer dans l'histoire de la civilisation humaine.

 

On a bien des exemples et des éléments de comparaison à notre disposition pour avancer sur le plan tactique et stratégique, mais ils prêtent à polémique dans la mesure où nous ne comparons pas tous la même chose. Certains diront que la révolution russe de 1917 ne peut pas être transposée en France, soit parce que un siècle nous sépare de cette époque, soit parce que cette révolution n'a pas été menée à son terme, soit encore parce qu'elle aurait sécrété le stalinisme ce qui est totalement erroné, ou alors parce que ce modèle n'a jamais pu être reproduit ailleurs en un siècle, ce qui tendrait à signifier qu'il était unique et non transposable à notre époque, etc. Ce sont des arguments avancés par les sceptiques ou les pessimistes, alors que les révolutionnaires ne doivent jamais fléchir et faire preuve constamment d'optimisme quant à la capacité des masses à prendre le pouvoir.

 

Ce qui est certain, c'est qu'un certain nombre de faits précis ont produit un certain nombre de résultats précis au cours de la lutte des classes, et qu'il faut s'en tenir à cela et à rien d'autre, il faut raisonner en partant de chaque fait et voir quel résultat direct il a produit et ne pas tout mélanger, sinon on ne peut plus rien comprendre. Si on transforme une expérience vivante en idéologie, comme c'est le cas le plus souvent, on la momifie, la calcifie ou la fossilise, on la dénature, la déforme et on finit par dire tout et son contraire à son propos ou en son nom. Sans un minimum de cohérence dans notre recherche, on ne peut aboutir à définir quels moyens on doit utiliser pour atteindre notre objectif.

 

Marx n'a rien inventé comme le disait très modestement Engels, il a seulement découvert les lois fondamentales qui régissent le fonctionnement du système capitaliste, et au-delà, celles qui régissent la société depuis les prémisses de l'exploitation de l'homme par l'homme, le développement des forces productives et la lutte des classes qu'il définira comme le moteur de l'histoire.

 

Il faut bien comprendre qu'on ne peut pas demander au prolétariat dans son ensemble de se comporter dans ses relations en humaniste convaincu, car cela signifierait qu'il aurait déjà pris conscience de la nécessité d'engager le combat pour mettre un terme à l'exploitation de l'homme par l'homme, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, ce serait d'une certaine manière lui intenter un procès d'intention ou lui demander quelque chose qui demeure encore au-dessus de ses forces, ou de ses moyens pour être plus précis, ou pire le rendre responsable d'une situation qu'il ne contrôle pas. Le prolétariat ne peut pas se comporter en humaniste tant qu'il n'a pas pris conscience des tâches politiques qu'il a à accomplir. Le contraire serait mettre la charrue avant les bœufs. C'est en forgeant sa conscience de classe au cours de la lutte de classe et de la révolution prolétarienne notamment, que cette forme d'humanisme émergera à sa conscience et s'imposera à lui comme une nécessité. Ce que je viens de définir s'inscrit à l'opposé du rôle tenu par les ONG qui jouent sur les émotions légitimes de la population pour la faire casquer une fois de plus sans lui permettre de prendre conscience des rapports sociaux d'exploitation existants. On s'apitoie sur la misère du monde, mais on ne fera rien pour l'éradiquer, on cautérise les plaies de plus en plus profondes causées par les guerres de toutes sortes, car la misère touche tous les continents, tous les pays, tous les peuples...

 

Les militants dont tu parles font partie du prolétariat, et ce n'est pas parce qu'ils ont rejoint le PT qu'ils ont une claire conscience politique du jour au lendemain qui embrasse tous les domaines de l'existence, car on peut évidemment tout ramener à la politique, à condition de ne pas perdre de vue que tout n'est pas que politique. Ce que je veux dire c'est que les militants n'ont pas forcément le même niveau de conscience politique, c'est inévitable, donc nous devons tenir compte de cette donnée, qui plus est, parce qu'elle s'impose à nous et qu'elle est incontournable.

 

Je suis d'accord avec toi, avec le fait qu'on devrait dans un parti se poser ce genre de question tout du moins individuellement, avant de passer à une réflexion collective sur ce sujet, car la faculté de disposer d'une liberté de penser pour chacun d'entre nous signifie au-delà, que nous pourrons la développer en la mettant en commun avec les autres militants au plan politique, ce qui correspond justement au but que nous poursuivons. Je peux parfaitement imaginer que l'on puisse avoir confiance en des dirigeants qui ont déjà manifesté des facultés révolutionnaires dans un passé récent ou qui les manifestent encore au quotidien. Chaque individu a la faculté de développer sa conscience et plus particulièrement sa conscience politique en s'appuyant sur sa propre expérience, celle de son entourage, etc. Certains militants sont mieux dotés que d'autres ou sont parvenus à un niveau de conscience politique supérieur. Ce qui nous intéresse finalement, c'est ce que les uns peuvent apporter aux autres pour que chaque militant progresse, et finalement l'ensemble du parti, donc s'agissant des dirigeants, il ne faut retenir que ce qu'ils peuvent nous apporter, et non ce qu'il ne faut pas reproduire chez eux, personne n'est parfait. On peut évidemment parler des erreurs des uns et des autres, mais l'essentiel, ce qui doit devenir une obsession chez chaque militant, c'est ce qui peut nous permettre d'avancer.

 

Il y a les rapports politiques et il y a les rapports personnels. Il ne faut pas confondre les deux, on peut se battre ensemble sur le terrain politique et employer d'autres méthodes quand on aborde ensemble des questions personnelles. D'une certaine manière, on peut dire que la camaraderie est étrangère au combat politique, ce qui n'empêche pas d'avoir ensemble des rapports sincères, honnête et amicaux, si le cas se présente. Comment veux-tu développer la camaraderie dans un parti qui est fondé sur une escroquerie permanente, en opposition complète à la révolution permanente, si tu veux. Il y a d'un côté ce que le PT prétend être et il y a la réalité des faits qui s'inscrit en totale contradiction avec cette prétention, donc les militants sont pris en otage entre les deux. Certains militants s'en accommodent très bien, d'autres non. Cette malhonnêteté dans le comportement politique ne peut que reposer ou alimenter la tendance à développer un comportement individualiste qui n'a rien à voir avec la lutte des classes ou plus exactement, qui tend à la nier.

On pourrait épiloguer longtemps sur ce sujet très intéressant. On pourrait dire par exemple qu'on a d'un côté le matérialisme, le matérialisme dialectique et historique, la reconnaissance des rapports sociaux d'exploitation, d'une certaine manière la lutte des classes, la conscience politique de l'objectif  à atteindre et des moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir, et de l'autre, l'idéalisme, un comportement guidé par l'individualisme, les émotions et l'inconscience, des intérêts personnels distincts ou étrangers à l'intérêt collectif de l'humanité avec lequel en dernier ressort le combat du prolétariat s'identifie.

 

Parfois en me relisant, je me dis que je vais trop loin, mais la réalité rattrape le PT. Trotsky disait que le réformisme oscillait entre le sectarisme et l'opportunisme. Le PT a participé à la manifestation parisienne contre la guerre au Liban et en Palestine le 29 juillet 2006, en écrivant à deux reprises dans le numéro 754 d'Informations ouvrières que la manifestation parisienne était appelée par "plusieurs organisations", on n'en saura pas plus sur ces autres "organisations", notamment le PCF et la LCR qui étaient à l'origine de cette initiative. Comprends bien la différence entre une manifestation en province et une manifestation parisienne. En province, comme par exemple à Montpellier, c'est une fédération du PT qui s'associe au PCF et à la LCR, on peut l'écrire, cela n'engage pas tout le parti, mais lorsqu'il s'agit de Paris où siège la direction du PT cela engage tout le parti, dont sa direction, là il ne faut pas dire que le parti s'associe à une initiative du PCF et de la LCR notamment. Dans le page une du n° 753, le PT a fait preuve d’une audace hors du commun en écrivant : "nous nous y associons !", avec un point d'exclamation, s'il vous plaît, comme si cela méritait une attention particulière des lecteurs, pour montrer que le PT n'est pas sectaire, mais on peut aussi interpréter cet effet de ponctuation comme une façon de garder ses distances avec ses initiateurs, on ne mélange pas les serviettes et les torchons. Les militants du PT vont pouvoir faire une croix sur leur calendrier à la date du 29 juillet 2006 ! C'est vraiment lamentable, mais cela témoigne et confirme l'état d'esprit général des dirigeants de ce parti. Il ne faut pas que les militants sachent qu'il est possible de participer à une manifestation appelée par le PCF et la LCR, il ne faudrait pas que les militants s'imaginent que cela pourrait se reproduire souvent, c'est du sectarisme à l'état pur. Le PT est obligé de participer à une manifestation dont il n'a pas pris l'initiative, alors que les autres organisations ne participeront pas à une manifestation appelée par le PT. Les mêmes déviations politiques produisent souvent les mêmes traits généraux et les mêmes comportements au sein des partis du mouvement ouvrier, simple constatation.

 

Revenons à l'humanisme.

 

Avant d'en arriver là, l'humanisme ne peut se développer qu'au niveau individuel, chez chaque travailleur, car le prolétariat n'a pas encore pris conscience des tâches politiques collectives qu'il doit accomplir. Et dans le cas des militants, cette conscience politique demeure fragile et partielle.

 

Aucun militant n'est infaillible, partant de là, chacun est en proie à céder aux pressions des idées de la classe dominante, à l'individualisme ambiant. Maintenant, qu'il soit alimenté directement par le comportement individuel ou collectif des dirigeants d'un parti, jusqu'à un certain point c'est inévitable, ce qui n'excuse pas les déviations les plus graves et les plus insupportables évidemment. On ne peut pas se comporter dans la société bourgeoise en communiste avant l'heure en toutes circonstances, à moins de prendre le risque de se faire écraser ou éliminer y compris par ses propres collègues de travail, je le dis par expérience.

 

Un parti révolutionnaire n'est pas un club de rencontres ou l'on se lie forcément d'amitié avec tous les camarades. Maintenant que des relations de camaraderies sincères et honnêtes, c'est-à-dire désintéressées, existent ou s'établissent à l'intérieur du parti, c'est quelque chose de possible et de souhaitable, faut-il encore que le parti soit lui-même fondé et fonctionne sur des bases honnêtes et claires, ce qui n'est manifestement pas le cas du PT, j'en ai donné de multiples preuves.

 

Trotsky disait que la ligne du parti primait sur son régime. On peut ne pas être d'accord avec lui sur cette question. Ailleurs, il nuançait ou plus exactement, il précisait son propos, en expliquant que la place occupée et l'importance accordée au centralisme et à la démocratie pouvait alterner au sein du parti en fonction des circonstances politiques, sans que le parti s'en trouve affaibli ou que sa discipline interne n'en pâtisse. Il ajoutait qu'en dehors des périodes de luttes de classe intenses et des situations exceptionnelles, la démocratie pouvait occuper la première place dans les discussions au sein du parti. Les dirigeants du PT, qui confondent tout, ont délibérément tronqués les enseignements de Lénine et Trotsky sur la question du parti, étouffé la démocratie, la libre discussion au sein de leur parti et la possibilité d'y constituer librement des tendances, depuis que Lambert en est le principal dirigeant. Ils n'ont pas hésité à procéder à de nombreuses épurations exclusions pendant plus de 40 ans , en les justifiants aux yeux des militants ignorants, au nom des enseignements de Lénine et Trotsky et de la défense du parti.

 

Ce parti est le produit d'une épuration et de la liquidation de l'embryon du parti révolutionnaire en France, le PCI en 1986, donc sur cette base, pour se contenter ici de ces deux éléments, il va s'en dire qu'il ne préfigure pas des relations de franches camaraderies entre militants, sauf peut-être entre ceux qui sont toujours sûrs d'avoir raison en répétant comme des perroquets ce que disent leurs dirigeants, ce qui doit être quand même un exercice périlleux puisqu'ils se contredisent sans cesse, mais après tout, l'opportunisme peut sans doute servir de base et se nourrir de relations à bon marché qu'ils interprètent par facilité ou commodité pour de l'amitié, ce qui ne serait pas étonnant puisque ce genre de militants ne se posent vraisemblablement pas beaucoup de questions, ils se contentent de peu ou de rapports médiocres, ils ne seraient pas les premiers et ne seront pas les derniers dans ce cas là, rassure-toi.

 

Pour revenir à ton courriel. Tu as pu lire de quelle manière des militants, des cadres et des dirigeants du PCI et du PT ont été exclus par la clique qui dirige cette organisation depuis des décennies. Alors s'agissant d'un jeune militant qui pose des questions, qui ose manifester à haute voix son désaccord avec la direction infaillible du PT, tu peux facilement imaginer le mépris qu'ils peuvent te témoigner. Que cela te choque, c'est normal, le contraire aurait été inquiétant. Comme tu l'as très bien dit, l'essentiel c'est d'en tirer les leçons et de repartir sur des bases politiques saines.

 

Trotsky disait de la jeune génération de militants, que le parti devait faire preuve de patience à leur égard. Il insistait en disant que leur imposer le centralisme trop rapidement et trop brutalement pourrait les pousser hors du parti. La jeune génération qui est naturellement portée à l'indiscipline, qui n'a pas participé aux rudes combats des générations précédentes qui forment l'essentiel des cadres du parti, exiger d'elle qu'elle fournisse les mêmes efforts que l'on peut réclamer des militants aguerris aux combats de la lutte des classe, serait commettre une erreur grossière. Je viens de le lire dans les Oeuvres de Trotsky, c'est pour cela que je peux t'en parler aussi facilement.

 

"ce qui s'appelle le centralisme démocratique...en entrant dans le parti et dans le cci on m'a vanté les bienfaits du centralisme démocratique et je me suis vite rendu compte de ses limites... pour résumé si tu constates un problème ou si tu veux défendre un autre point de vue que la majorité, tu peux faire remonter l'info jusqu'au bureau national en passant par la fédération etc... mais la réponse à tes questions elle ne redescend que très rarement et dans la plupart des cas si t'es pas d'accord avec la direction on te dit que tu es un gauchiste ou un petit-bourgeois, en clair trop de militants ont une confiance aveugle en cette caste qu'est la direction nationale du parti..."

 

Tu t'es fait traiter au PT de petit-bourgeois, de gauchiste, d'anarchiste, cela fait beaucoup pour un seul militant. Parce que tu te poserais des questions à propos de l'Assemblée constituante souveraine. Pourquoi pas ? Et bien figure-toi que moi aussi, c'est tellement récent que je n'ai pas encore pu écrire une ligne à ce sujet. Jusqu'à présent je partageais cette perspective avec le PT, et à force de lire ou relire ces dernières semaines les Oeuvres de Trotsky, j'en suis arrivé à me poser la même question que toi, je ne dis pas cela pour te faire plaisir, tu t'en doutes bien. Cela demande une réflexion approfondie que je n'ai pas encore eu le temps de mener, donc je ne sais pas quoi te dire de plus pour le moment. S'il y a une chose que je ne remettrai pas en cause, c'est la constitution des comités dans chaque ville, village, quartier, zone industrielle, université, etc. Par contre, je ne suis pas d'accord avec le PT sur leur composition et les bases sur lesquelles ils sont constitués. Ils devraient prendre modèle sur les soviets de 1917 en Russie. Ils devraient être avant tout anticapitalistes et s'adresser à toutes les couches du prolétariat et de la petite-bourgeoisie qu'il peut entraîner avec lui, en s'appuyant sur la classe ouvrière.

 

Tu as parfaitement raison, dans la plate forme d'action politique du PT, la révolution prolétarienne n'y figure pas. Sans être de mauvaise foi, en cherchant bien, on pourrait la trouver en filigrane sous la forme d'un "mouvement de millions", ce qui ne veut absolument rien dire. Mais il y a plus grave encore, la place du parti révolutionnaire est réduite à néant. Or, l'on sait qu'il est la question qui déterminera le cours des événements en dernier ressort, pour être bref. Pas étonnant tu me répondras, puisque le PT n'est pas un parti révolutionnaire, il le prouve lui-même ici, d'ailleurs ce n'est même pas un parti, mais un rassemblement hétéroclite de militants dont les uns se réclament du trotskysme les jours de fête pendant que d'autres haïssent littéralement Trotsky et le trotskysme, idem pour Lénine et le léninisme, je pourrais le prouver si nécessaire en diffusant des courriels de militants du PT qui m'ont été adressés. Tout se tient. La vérité est révolutionnaire et les menteurs, les manipulateurs finissent toujours par se faire prendre à leur propre piège.

 

Sur la question du centralisme démocratique, Trotsky disait :

 

"Et je ne pense pas non plus qu'il me soit possible de donner sur le centralisme démocratique une formule qui, « une fois pour toutes », éliminerait malentendus et interprétations erronées. Un parti est un organisme actif. Il se développe au cours d'une lutte contre des obstacles extérieurs et des contradictions internes. La décomposition maligne de la II° et de la III° Internationale, dans les sévères conditions de l'époque impérialiste, crée pour la IV° Internationale des difficultés sans précédent dans l'Histoire. On ne peut les surmonter par une quelconque formule magique. Le régime d'un parti ne tombe pas tout cuit du ciel, mais se constitue progressivement au cours de la lutte. Une ligne politique prime sur le régime. Il faut d'abord définir correctement les problèmes stratégiques et les méthodes tactiques afin de pouvoir les résoudre. Les formes d'organisation devraient correspondre à la stratégie et à la tactique. Seule une politique juste peut garantir un régime sain dans le parti. Mais cela ne signifie pas, bien entendu, que le développement du parti ne pose pas pour autant de problèmes d'organisation. Mais cela signifie que la formule du centralisme démocratique doit finalement trouver une expression différente dans les partis des différents pays et à des étapes différentes du développement d'un seul et même parti." (Œuvres - décembre 1937)

 

Je pense que la discussion sur le centralisme démocratique au sein du PT ne peut pas avoir lieu, parce que la nature de ce parti, ses objectifs et les intérêts particuliers de ses dirigeants s'y opposent, sans même avoir à évoquer sa politique qu'on ne peut pas qualifier de juste, puisqu'elle est résolument réformiste.

 

Pour comprendre pourquoi, donnons la parole à Lambert, page 183 d'Itinéraires :

 

"Lors d'un congrès du PCI, section française de la IVe Internationale, en 1947-48 (date de la création de FO, quelle coïncidence !), j'ai proposé un amendement disant en substance : si, comme programme, le parti révolutionnaire ne se fera pas sans la IVe Internationale, il est impossible d'expliquer que la forme de ce parti sera obligatoirement le PCI. Je commençais à faire une distinction entre la section française qui, en toute circonstance, doit rester fidèle au programme, et le parti ouvrier indépendant à bâtir. Plus tard, cette réflexion s'est élargie à toute l'Internationale."

 

En fait d'amendement, il s'agissait d'un reniement définitif du programme de la IVe Internationale. Au passage, il est bon de remarquer que lorsque Lambert se permet de remettre en cause un point fondamental du programme, c'est tout a fait normal, il peut se permettre de faire ce qu'il veut comme si le parti était en fait sa propriété, Stéphane Just l'avait signalé à plusieurs reprises, par contre, dés qu'un militant ose contester la ligne politique ou la tactique du PT, il est passible d'exclusion, les exemples ne manquent pas.

 

On a là sans doute la base ou le point de départ incontestable du révisionnisme de Lambert et de son passage définitif du côté du réformisme. C'était en 1947-1948, c'est lui-même qui l'a écrit. Cela signifie que ce qui s'est passé lors de la liquidation du PCI en 1986 au profit du MPPT, était programmé ou préméditée dans la tête de Lambert depuis 35 ans au moins ! Cela s'appelle un sale coup préparé de longue date. Eh oui ! Et personne ne s'en rendra compte... jusqu'à présent !

 

Aujourd'hui, il n'existe qu'un seul parti, un parti qui se définit lui-même comme un parti "ouvrier indépendant", et il n'existe plus de parti révolutionnaire combattant quotidiennement sur la base du programme de la révolution prolétarienne, il faut être d'une mauvaise foi incurable ou d'une malhonnêteté intellectuelle sans limite pour oser prétendre le contraire comme le font Lambert, Gluckstein et sa clique. Note bien qu'il a dit implicitement, mais très clairement que  "le parti ouvrier indépendant à bâtir" ne se construirait pas sur les mêmes bases et le même programme que ceux de "la section de la IVe Internationale", ce qui est exactement le cas du PT, puisqu'il a troqué le programme de la révolution prolétarienne pour celui de la "reconquête de la démocratie" bourgeoise. Trotsky ne disait-il pas que "Le programme de la "défense de la démocratie" pour les pays avancés est un programme de réaction. La seule tâche progressiste est ici la préparation de la révolution socialiste internationale." (Oeuvres - tome 19, page 67)

 

Le PT n'est pas un parti "trotskyste", ses dirigeants ne cessent de le répéter, donc il ne peut y avoir de confusion possible sur le programme et la nature de ce parti. La suite du texte de Lambert et Gluckstein est du baratin pour tromper et endormir les militants.

 

On pourrait objecter que le courant communiste internationaliste incarne la continuité de l'Opposition de gauche, du bolchevisme, du marxisme, mais la réalité est bien différente, puisque la plupart des militants appartenant à ce courant n'ont rien à voir avec le bolchevisme et peu de rapport avec le marxisme. J'ai en réserve un certain nombre de courriels qui le prouvent, mais je ne peux pas les utiliser ici sans remettre en cause l'anonymat de ces camarades. Un seul exemple fera l'affaire pour le moment. Le responsable fédéral du Rhône Christian Bonnetain qui a été exclu du PT, et qui appartenait au courant communiste internationaliste (CCI) n'avait jamais lu le Programme de transition, il me l'a écrit et j'ai conservé son courriel. De nombreux camarades qui appartiennent à ce courant m'ont tenu à plusieurs reprises des propos qui n'ont rien à voir avec la lutte des classes et que j'aurais honte de reproduire sans les commenter vigoureusement. Peut-on dire dans ces conditions-là que le CCI représente la continuité organisée du trotskysme, du bolchevisme ? Je ne le pense pas.

 

Lambert et Gluckstein ont eu beau s'y reprendre à plusieurs reprises pour essayer de justifier la liquidation du PCI au profit du PT, car c'est bien de cela qu'il s'agissait en réalité dans Itinéraires, leurs embrouilles et leurs contradictions ne peuvent masquer la réalité : il n'existe plus de parti révolutionnaire en France depuis 1986, il n'existe qu'un parti, le Parti des travailleurs, un parti réformiste.

 

Page 186, ils oseront faire référence à Marx et à la Ier Internationale pour justifier  la liquidation du PCI au profit du PT, en parlant des tendances et courants qui existaient au sein de la Ier Internationale. ils oublieront simplement de rappeler que Marx et Engels avaient fini par virer Bakounine et les anarchistes de la Ier Internationale : irrécupérables ! Ce n'est qu'un exemple de la méthode malhonnête qu'utilise Lambert-Gluckstein pour nous faire avaler leur ligne politique liquidatrice et leur adaptation à la bourgeoisie.

 

Il faudrait reprendre phrase par phrase de ce livre pour démontrer qu'à chaque ligne, on retrouve les intentions réelles et initiales de leurs auteurs, c'est-à-dire une tentative maladroite de mystifier les militants. On a là la même méthode qu'utilisent tous les manipulateurs et mystificateurs : du PCF qui se réclame du communisme, du PS qui se réclame du socialisme, de la LCR et de LO qui se réclame du trotskysme.

 

Un autre exemple, la Charte en quatre points du PT. N'importe quel militant ouvrier peut y adhérer quel que soit le parti auquel il appartient, sans que cela l'engage en quoi que ce soit, c'est là que se situe le tour de passe-passe. Par exemple, les uns peuvent considérer qu'on pourrait parvenir à satisfaire ces quatre points en passant par la voie parlementaire, d'autres par celle de la révolution, d'autres par des moyens qu'ils auront inventés, etc.

 

Lambert et Gluckstein ont troqué le modèle du parti bolchevik avec ses différents courants, et qui a fait ses preuves en menant la révolution russe de 1917 à la victoire, contre le modèle de la SFIO de Jaurès, qui a fait ses preuves aussi depuis un siècle, l'histoire en témoigne encore chaque seconde qui passe, hélas !

 

On pourrait faire la même remarque à propos de l'Entente internationale des travailleurs et des peuples qui va jusqu'à regrouper des partis infréquentables (voir les documents de CPS sur Internet), certains allant jusqu'à entretenir des relations avec des partis nationalistes d'extrême droite...

 

Je pense qu'on dispose désormais de suffisamment d'éléments, de preuves incontestables qui nous permettent d'établir que le Parti des travailleurs est un rassemblement hétéroclite, sans principe, réformiste ou trade-unioniste. Trotsky disait que ce qui caractérise le mieux un parti réformiste, c'est son oscillation entre le sectarisme et l'opportunisme. Cette définition va comme un gant au PT.

 

"je ne peux pas soutenir une organisation qui appelle à voter SPD en Allemagne, je ne peux pas soutenir un parti réformiste comme le PT pour comprendre il suffit de lire la plate forme d'action politique du parti, je ne veux pas d'une assemblé constituante souveraine... je me bats pour la révolution prolétarienne, on pourrait me dire que je suis trop pressé parce que je voudrais la révolution tout de suite mais je vois mal comment on peut passer d'une assemblée constituante à une société communiste au sens Marxiste du terme, c'est un débat que j'ai déjà eu avec des camarades et on m'a traité de gauchiste tout simplement..."

 

On t'a reproché de vouloir combattre pour la révolution prolétarienne, sans doute parce que dans l'esprit de tes détracteurs, elle devrait être renvoyée aux calendes grecques, dans un futur lointain et indéterminé. C'est sans doute préférable de laisser une telle initiative à la LCR, quitte après à leur piquer ces militants pour ensuite les détruire politiquement et en faire des réformistes, s'ils ne le sont pas devenus entre temps.

 

Dans les Leçons d'Espagne, un document écrit par Trotsky le 17 décembre 1937, il revenait sur "Les conditions de la victoire des masses dans la guerre civile contre les oppresseurs" en expliquant qu'elles "sont au fond très simples", et parmi celles-ci il commençait par dire que :

 

"Les combattants de l'armée révolutionnaire doivent avoir pleine conscience qu'ils se battent pour leur complète émancipation sociale et non pour le rétablissement de l'ancienne forme (démocratique) d'exploitation.

 

La même chose doit être comprise par les ouvriers et les paysans aussi bien à l'arrière de l'armée révolutionnaire qu'à l'arrière de l'armée ennemie.

 

La propagande sur son propre front, sur le front de l'adversaire et à l'arrière des deux armées, doit être complètement imprégnée de l'esprit de la révolution sociale. Le mot d'ordre « D'abord la victoire, ensuite les réformes », c'est la formule de tous les oppresseurs et exploiteurs, à commencer par les rois bibliques et à finir par Staline."

 

A chaque étape, à chaque instant de la lutte des classes, quelles que soient les conditions économiques, politiques ou sociales du moment, reprenant la même méthode que Lénine, Trotsky place la nécessité absolue de ne jamais dévier d'un millimètre de la méthode à mettre en oeuvre, la révolution sociale, de l'objectif à atteindre, l'émancipation sociale complète du prolétariat. C'est clair, net et précis. Lénine disait aux alentours de 1896 qu'il fallait "populariser" la révolution socialiste.

 

Cela ne veut évidemment pas dire que la révolution aura lieu demain matin, ce que nos détracteurs voudraient nous faire dire et que nous n'avons jamais prétendu jusqu'à présent, mais lorsque l'on rédige ce qui ressemble à un programme politique et qu'on omet consciemment de citer la révolution prolétarienne comme moyen nécessaire pour que le prolétariat prenne le pouvoir, cela signifie non seulement qu'on a abandonné cet objectif, mais qu'on a aussi tourné le dos au programme de la révolution socialiste.  Juste un mot sur le programme actuel du PT : où est-il écrit que la classe ouvrière doit devenir la classe dominante et exercée seule le pouvoir, autrement dit la dictature du prolétariat, où ? Nulle part. Là, le PT a rejoint le PS, le PCF, la LCR et LO dans son reniement du socialisme.

 

Plus loin, Trotsky écrivait :

 

"De l'armée révolutionnaire doivent être impitoyablement chasser les ennemis de la révolution socialiste, les éléments exploiteurs et leurs agents, même s'ils se couvrent du masque de « démocrate », de « républicain », de « socialiste » ou d' « anarchiste ».".

 

Bien qu'on puisse très bien imaginer constituer un front unique ponctuel sur un objectif précis et clairement établi à un moment donné avec eux, avant le déclenchement de la révolution, de là à constituer un parti avec eux, il y a là une limite à ne jamais franchir, que le PT a franchi allègrement en 1986, car aujourd'hui, les militants du PT qui se disent non-trotskystes, non-léninistes, que sont-ils en réalité, sinon ceux dont Trotsky disait qu'il fallait les "chasser" ? Comment des militants présentant des tendances réfractaires envers Trotsky ou Lénine peuvent-il faire partie d'une tendance de type bolchevik ? Les enseignements de Trotsky et de Lénine n'auraient-il pas une valeur irremplaçable à notre époque pour aider le prolétariat à conquérir le pouvoir ? On pourrait aussi se demander s'ils ont bien leur place dans un parti révolutionnaire, mais que suis-je stupide, le PT est un parti réformiste, tout s'explique.

 

La liquidation du PCI en 1986 ne pouvait pas se faire sans affaiblir, marginaliser et finalement corrompre les militants révolutionnaires qui y avaient adhéré plusieurs années auparavant. Que Lambert-Gluckstein ait remplacé le programme de la révolution prolétarienne par celui de la défense de la démocratie bourgeoise ne pouvait suffire  à transformer définitivement et rapidement le PCI en parti réformiste, au-delà des exclusions épurations qui ont eu lieu à cette époque, ils ont créé de toutes pièces des tendances qui permettaient dés lors d'accueillir au sein du PT des militants réformistes, démocrates, staliniens, anarchistes n'ayant pas rompu avec leurs idées politiques du passé, allant même jusqu'à leur donner des responsabilités, soit en les propulsant responsables de fédérations ou en les intégrant d'emblée dans le comité directeur du PT, ce qui fut le cas de Christian Bonnetain, par exemple. Ils ont fait mieux encore, puisqu'ils ont été jusqu'à intégrer au courant communiste internationaliste une partie de ces militants, sans doute sous prétexte de pouvoir mieux les contrôler ou d'en faire des révolutionnaires à leur manière. En réalité, il s'agissait plutôt pour Lambert-Gluckstein d'affaiblir et de dénaturer politiquement leur propre courant pour que la page du PCI soit définitivement tournée. Ils ont semble-t-il réussi.

 

Un de mes vieux camarades de l'OCI qui est toujours au PT-CCI m'a dit l'année dernière que je devais le considérer désormais comme un "social-traîte", alors qu'à l'époque, je le considérais comme une incarnation vivante du bolchevisme ! Comment un tel militant a pu en arriver à imaginer que je pourrais penser cela de lui ? Sur le coup j'en fus sidéré. Il a bien fallu qu'il le pense lui-même à un moment donné, sinon cela n'aurait aucun sens, et ce n'est pas son genre de parler pour ne rien dire. C'est pour dire que la clique à Lambert-Gluckstein a réussi à pourrir de l'intérieur la quasi-totalité du PT, maintenant on peut donc dire que le PCI a été totalement liquidé, détruit.

 

Des camarades m'ont demandé pourquoi il n'était pas possible de réunir les différents groupes de militants issus du PCI-PT. J'ai peut-être une explication. Tout simplement parce qu'ils en sont encore à penser que Lambert et Gluckstein seraient seulement sur une mauvaise pente, qu'ils se seraient égarés politiquement, plus ou moins inconsciemment d'une certaine manière, qu'ils pourraient encore retrouver le chemin du programme de la révolution prolétarienne. Pour eux, Lambert et Gluckstein ont simplement commis des erreurs, ce ne sont pas des mystificateurs de longue date, bref, ils n'ont rien compris au jeu auquel joue Lambert depuis 60 ans. Ils lui ont trouvé plein de qualités au cours de sa carrière politique, il en a sans aucun doute, mais ce ne sont pas celles auxquelles l'on pense habituellement, ils sont totalement passés à côté de l'essentiel, de son opportunisme incurable, or si on ne comprend pas cela ou si l'on refuse de le prendre en compte, malgré l'accumulation des faits qui constituent des preuves irréfutables de cette formidable escroquerie, on ne peut pas comprendre grand chose à l'histoire du PCI au PT et à la politique qu'il a mis en oeuvre pendant toute cette période, donc il est normal ou inévitable  qu'ils soient incapables de s'en sortir politiquement et de tirer toutes les leçons de leur passage au sein de ce parti, parfois pendant de longues années. Par bien des aspects, il est normal qu'ils présentent les mêmes travers que le PT. Au printemps dernier contre le CPE et aujourd'hui contre l'agression israélienne au Liban et en Palestine, ils ont été incapables de sortir le moindre tract commun, etc., à chacun sa chapelle et son appareil microscopique ! Le CRI, CPS-Comité et CCI-T sont à mon avis les seuls groupes fréquentables, sous réserve d'inventaire.

 

"dans la jeunesse, je ne veux jeter la pierre à personne mais beaucoup de jeunes militants de Jeunesse Révolution sont au CCI et donc répète les mêmes méthodes et les mêmes principes que les vieux c... du cci...c'est dommage car c'est un sacré cadre pour construire dans la jeunesse..."

 

"Pour finir, je dirais : je n'ai pas de solutions miracles pour que ça aille mieux, je ne regarde pas de haut et je ne suis pas meilleur que la direction du PT et ses cadres, mon expérience dans cette organisation m'a apporté et m'a fait comprendre beaucoup de choses, dans l'ensemble j'en ressors avec un bilan aussi bien positif que négatif même si j'ai été quand même sacrément déçu à un moment, maintenant ça va mieux..."

 

Du jour où tu as quitté le PT et le CCI, tu n'as plus eu de nouvelles des responsables de Jeunesse Révolution, normal, ce sont les mêmes dirigeants qui dirigent les deux organisations ou ils leur sont entièrement subordonnés. Quant aux jeunes militants qui leur servent de bonnes à tout faire au sein de Jeunesse Révolution, dont l'intégration au courant CCI constitue une réplique des méthodes de Staline pour diminuer le poids ou marginaliser les vieux bolcheviks au sein du parti, ils sont sur le point d'être gangrenés ou pourris par les méthodes staliniennes de Lambert-Gluckstein, sans doute ne s'en rendent-ils pas compte. Les dirigeants du PCI-PT ont ainsi contribué consciemment à liquider plusieurs générations de militants pour le compte du maintien de l'ordre bourgeois.

 

Bien que j'aie quitté avec mon ex-épouse l'OCI au début de 1981 pour des raisons personnelles, pendant près de 20 ans je resterai d'une certaine manière éloigné de ce qui se passera dans le monde, j'ai continué à militer dans le syndicalisme tant que j'ai travaillé dans une grande entreprise et je n'ai jamais renié mes convictions au prix de nombreux sacrifices, mais à aucun moment je n'ai eu l'idée de remiliter ou même d'acheter Informations ouvrières, c'est juste pour dire à quel point, inconsciemment, ils avaient réussi à me dégoûter totalement du combat politique, car nous aussi, nous avions été traités de petits-bourgeois, de capitulards et j'en passe. Je pense que c'est là l'un des pires crimes qu'aient commis Lambert, Gluckstein et leur clique de bureaucrates à la solde du réformisme. 

 

Il ne faut pas se laisser abattre par les combines misérables de ces médiocrités. Il faut conserver l'essentiel, la méthode, le matérialisme dialectique et historique et essayer de la mettre politiquement en pratique, de militer au sein d'un groupe de militants honnête et dont l'orientation politique correspond à tes convictions révolutionnaires.

 

Rien n'est facile dans la vie et dans ce monde de merde, mais tout demeure possible à condition  de faire preuve de détermination, de ténacité et de patience surtout.

 

Lénine a construit le parti bolchevik et pris le pouvoir en moins de 15 ans. Les dirigeants du PT n'arrêtent pas de dire et d'écrire que la situation est "très difficile", etc. En réalité, c'est leur propre pessimisme qu'ils expriment là. L'échec jusqu'à présent de la construction d'un parti révolutionnaire en France, de la IVe Internationale, c'est avant tout leur propre échec, leur propre responsabilité.

 

Pour notre part, avec des militants révolutionnaires de différents groupes, des ex-militants du PCI ou du PT actuellement inorganisés qui sont restés fidèles au programme de la révolution prolétarienne, je suis convaincu qu'il est possible de se donner un objectif à court terme de constituer l'embryon d'une organisation révolutionnaire de 50 militants ou davantage.

 

Je t'ajoute un lien renvoyant vers un texte de Trotsky consacré à la question du centralisme démocratique (copié du site Archives Internet des marxistes) : Le centralisme démocratique. Quelques mots sur le régime du parti. - Oeuvres 8 décembre 1937

 

Le 25 août 2006