Lutte de classe

 

Réponse à un courriel d’un ex-militant de l’OCI

 

Un camarade m'a adressé le courriel suivant. Ma réponse dans laquelle j'aborde d'autres sujets de discussion figure à la suite.

 

Extrait du courriel de ce camarade :

 

« Je m'intéresse aux groupes exclus de l'OCI-PT dont j'ai été membre il y a plus de 20 ans. Je constate que tu en as oublié un: le groupe bolchevik qui édite un bulletin "Révolution socialiste".

Ce groupe est issu du Comité pour la construction du POR de S.Just qui a éclaté dans les années qui ont suivi sa mort en 1997.L'importance de ce groupe me paraît indéniable autant par ses analyses que par ses interventions dans la lutte des classes. Je suis étonné que tu ignores son existence car je ne veux pas croire que tu l'ignores sciemment. J'espère que tu auras à cœur de réparer cet oubli. »

 

Ma réponse (après corrections des fautes) :

 

Je n'ai pas oublié le groupe bolchevik, j'ai retiré le lien vers ce groupe suite à son appel en faveur de la légitimité de l'armement nucléaire de l'Iran des mollahs « L'Iran a le droit de se doter de l'arme atomique ».

 

Entre nous, aucun groupe ne pratique la réciprocité, tu peux le vérifier toi-même. Je devrais mettre leur lien dans mon site et il est tout à fait normal qu'ils continuent d’ignorer le mien, voilà une drôle de conception de la démocratie et de nos rapports. Tu crois qu'ils se sont seulement posés la question ? On retrouve là le comportement d'appareil qu'ils critiquent chez les autres, mais je ne leur en ai même pas parlé, je les ai laissé faire, pour voir de quoi ils étaient capables. Je n'ai pas d'appareil à défendre donc je m'en tape. Qu'il faille discuter de questions aussi élémentaires montrent à quel niveau peut se situer la discussion entre militants. Tu veux mon avis : c'est lamentable et navrant !

 

Qu'un groupe prétendant parler au nom du trotskysme soutienne une telle position (l'arme atomique), ce n'est pas seulement surprenant, c'est totalement intolérable. On se demande ce que ces militants ont encore à voir avec le mouvement ouvrier de près comme de loin.

Quel militant un tant soit peu conscient du mouvement ouvrier pourrait défendre une telle position aussi détestable que criminelle ? Pas un. J'ai vivement attaqué cette position dans le site Lutte de classe, et je n'ai reçu aucun courriel désavouant ce que j'avais écrit. De plus, les responsables du groupe bolchevik n'y ont pas répondu, sauf en m'insultant et en me traitant de lambertiste, quelle connerie !

 

J'ajouterai que j'avais contacté tous les groupes issus du PCI-PT pour connaître leur position sur des points essentiels de la lutte des classes et pour savoir aussi pourquoi et dans quelles conditions précises ils avaient quitté le PCI ou le PT. Le groupe bolchevik, la Commune et le groupe GSI ne m'ont jamais répondu, c'est un secret... comme au PT ! Par contre j'entretiens une correspondance avec le CRI, CPS-Cercle et le CCI-T ( et avec des dizaines de militants issus du PCI-PT).

Dans ces conditions, j'ai retiré les liens vers ces groupes sectaires qui ont conservé en réalité les mêmes pratiques que celles de Lambert-Gluckstein qu'ils dénoncent par ailleurs, évidemment.

Et puis, je ne leur dois rien. Je me demande quelle idée les travailleurs doivent avoir du trotskysme en apprenant que certains d'entre eux plaident pour la prolifération nucléaire. Cela doit avoir un effet dévastateur chez les jeunes en particulier. Donc je ne vais pas faire de la pub pour ce genre de groupes, plus dangereux et nuisibles qu'utiles au mouvement ouvrier. Qu'ils écrivent un texte désavouant publiquement cette position et je la publierai immédiatement et sans condition.

 

Je m'efforce de faciliter le rapprochement politique entre les groupes et les militants  inorganisés issus du PCI-PT, notamment, et c'est loin d'être une tâche facile, mais avant d'y parvenir chacun doit s'engager à faire preuve d'une honnêteté intellectuelle sans faille, à tout mettre sur la table sans rien cacher, sans arrière-pensées, etc., les manœuvres d'appareil doivent être bannies entre nous, sinon nous n'arriverons à rien. Voilà ce que certains n'ont semble-t-il pas encore compris ou admis.

 

Les grandes déclarations de principe n'ont aucune valeur, si elles ne sont pas suivies d'effets. C'est en revenant aux racines du marxisme, du léninisme et du trotskysme, donc au programme de la révolution prolétarienne, que l'on parviendra à construire un parti révolutionnaire, toute autre voie ne peut mener qu'à une impasse et finalement à l'échec, dans le pire des cas à la capitulation devant le réformisme et la bourgeoisie. Il reste encore beaucoup à faire pour y parvenir.

Personnellement, mes positions évoluent en fonction de ma rappropriation des enseignements du marxisme. Je ne suis pas un théoricien ou un intellectuel, mais un militant ouvrier qui essaie de comprendre pour agir. C'est un travail long et difficile, surtout que je suis isolé.

 

J'ai pris conscience qu'il fallait tout reprendre à zéro, car le réformisme que l'on nomme dans nos rangs révisionnisme ou courant liquidateur, s'est infiltré partout ou presque depuis des décennies, la plupart du temps inconsciemment ou sans que l'on s'en aperçoive.

 

Il m'arrive de défendre une position sans savoir si elle est correcte ou non, c'est inévitable car je ne maîtrise pas tous les sujets. Quel militant ose l'avouer ? Cela ne suffirait pas, il faut encore se poser des questions et chercher à y répondre notamment à travers les enseignements du marxisme. Combien de militants font-ils ce travail systématiquement ? Très peu, nous le savons bien, dans bien des cas parce qu'ils n'ont pas le temps. Or, sans ce travail systématique nous ne résoudrons pas les questions politiques qui aujourd'hui divisent les groupes et les militants, à moins de se satisfaire de la situation présente ou d'accepter des compromis pourris, je ne me résoudrai à ni l'un ni l'autre.

 

Je suis en train de lire actuellement 2 textes de Nahuel Moreno que le groupe GSI m'a adressés. J'avoue tout ignorer sur ce dirigeant de la IVe Internationale décédé en 1987. Il a écrit des textes théoriques d'une valeur incontestable, il avait rompu avec le SU. L'un de ces textes revient sur le principe de la dictature révolutionnaire du prolétariat et sur les questions qu'elle pose en relation avec notre époque, le texte est de 1978, mais il demeure d'actualité puisque la révolution est encore en devenir... Je ne suis pas d'accord avec toutes les positions de Moreno. Cependant, lorsqu'il dit que la dictature révolutionnaire du prolétariat est inévitable au cours de la révolution et qu'elle s'inscrit dans la tradition de la terreur que Robespierre et ses amis ont mis en oeuvre et justifier pour abattre la monarchie et la contre-révolution monarchique, dont  Lénine et Trotsky se sont directement inspirer pour briser la contre-révolution à partir d'octobre 1917 et finalement l'emporter, je me demande à combien d'années lumières du Programme de transition se situe le PT depuis 20 ans ?

 

Moreno a écrit : « Puisque le danger de contre-révolution impérialiste n’existe plus et que les masses européennes - « les élus » - préfèrent aujourd’hui les méthodes pacifiques, ce seront celles que choisira aussi le SU. La lutte armée est complètement écartée. » Et un peu plus loin : « En ignorant cela, en éliminant la dimension militaire de la révolution ouvrière - l’insurrection et la guerre civile -, la résolution du SU laisse les masses désarmées. » Ce qui correspond à ce que disait Trotsky : « La prise du pouvoir ne met pas fin à la guerre civile ; elle ne fait que changer son caractère ». (Trotsky, 1924).

 

On est loin d'un processus électoral permettant de rompre avec le capitalisme, la question centrale n'est pas la démocratie qui pourrait être représentée par des élus du genre de ceux qui s'encanaillent avec le PT ne rompant ni avec le capitalisme ni avec la bourgeoisie, mais la question du parti que les masses doivent construire et porter au pouvoir pour diriger la révolution.

 

Par quel moyen, de quelle manière peut-on favoriser la prise de conscience des masses de la nécessité de mettre à bas ce régime, d'en finir avec le capitalisme ? Trois élections partielles ont eu lieu récemment. 72% d'abstention ! Qui dit mieux ? Après les 60 à 82% de non le 29 mai 2005, on peut dire que la classe est prête à engager le combat contre la bourgeoisie, mais cela ne veut pas dire qu'elle s'est préparée à ce combat, comment le pourrait-elle en l'absence d'un parti révolutionnaire ? Je me place dans le camp des 72 et 82%, donc j'appelle au boycott des prochaines élections qui ne sont qu'une mauvaise farce entièrement construite sur le mensonge, l'hypocrisie, les falsifications et manipulations en tout genre, une parodie de démocratie et une ode au capitalisme.

 

Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que la situation est difficile dans le sens où il serait difficile de recruter des militants, alors que nous n'avons jamais eu une prise de position aussi forte du prolétariat en France, depuis 1936 peut-être. Certes, il s'agit d'une position électorale, mais elle repose sur une situation objective où il est de plus en plus difficile de vivre comme avant, la régression touche tous les secteurs du prolétariat, donc le prolétariat cherche le meilleur moyen de résister à cette agression quasi quotidienne de la bourgeoisie. Il est disponible pour mener une action politique, il ne reste plus qu'à le convaincre de franchir le pas. Si on devait attendre que 100% du prolétariat manifeste son ras-le-bol, on pourrait toujours attendre longtemps, indéfiniment, et je ne pense pas que ce soit ce que nous recherchions, ni l'intérêt du prolétariat de se résigner à attendre.

 

La volonté s'émousse au contact de la franc-maçonnerie disait Trotsky.

 

Une Assemblée constituante qui serait composée de tous les partis politiques y compris l'UMP, l'UDF, le FN, serait une copie de l'Assemblée nationale. Pourquoi le PT ne dit rien sur sa composition, par exemple ? Parce qu'il respecte la Constitution de la Ve République ? Limiter les libertés de la bourgeoisie serait-il un crime ? Que dire alors de ses propres crimes au cours de ces deux derniers siècles, qui incluent ceux du stalinisme et de Staline en particulier ! Il faut savoir ce que l'on veut dans la vie, la bourgeoisie sait très bien ce qu'elle veut : conserver le pouvoir par tous les moyens y compris la guerre civile. Et nous, nous ne devrions pas savoir ce que nous voulons, nous sommes trop cons en quelque sorte, en fait, c'est parce que nous ne pouvons pas parvenir à nous organiser pour la renverser, donc elle reste au pouvoir. Et il faudrait donner force de loi à ce genre de balivernes ?

 

Mais comme il y a parfois du bon dans son contraire, cette façon d'aborder la question du pouvoir relance le débat sur la meilleure tactique à adopter pour recruter des militants en sachant que la situation est propice à la construction du parti.

Sur quelle base, quels principes et quel programme d'actions ? Quel devrait être le mode de fonctionnement du parti ?

 

Il faut être strict, mais souple, les militants ne peuvent pas absorber tout le programme de la révolution prolétarienne ou le marxisme en quelques mois, il faut du temps. La communication doit être totale et permanente de haut en bas et de bas en haut du parti. Il ne doit pas y avoir de documents secrets, de discussions ou rencontres secrètes, la transparence totale doit être de règle en ce qui concerne les questions politiques à l'intérieur du parti et dans ses relations avec les autres partis, etc. ; par contre, les questions liées au fonctionnement et à la sécurité du parti et des militants  est du ressort de la direction élue du parti, qui peut considérer à un moment donné qu'elle n'a pas à rendre public certaines informations sur le parti.

 

Le centralisme démocratique ne peut pas s'appliquer d'emblée de la même manière à tous les militants, tout simplement parce qu'ils ne l'appréhendent pas de la même manière, il faut d'abord qu'on soit d'accord sur sa définition avant qu'on sache de quoi on parle ensuite, sinon on se transforme en bavard.

 

Nous n'avons pas vocation à déclencher une révolution, tous les appels à la révolution seraient vains tant que les masses ne se seraient pas soulevées. Nous devons tout faire pour que le temps qui nous sépare de ce moment soit le plus bref possible, mais cela ne dépend pas de nous en dernière analyse. Nous pouvons aider le prolétariat à se préparer à la révolution, mais la grande masse qui se mettra en mouvement saura avant tout ce qu'elle ne veut plus, avant de savoir exactement ce qu'elle veut pour elle, se réappropriant ainsi une conscience de classe, sans avoir encore pleinement conscience de l'objectif à atteindre et les moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir. C'est à cette étape que le parti deviendra indispensable et que sa puissance sera sans commune mesure avec ce qu'il représentera numériquement. Même un parti minoritaire peut être porté au pouvoir, à condition d'être solidement implanté et d'inspirer la confiance des masses. Toutes les révolutions ont éclaté en partant de faits isolés et mineurs ou banals, une revendication salariale, un licenciement, une loi inacceptable, de trop... Quand trop c'est trop, c'est l'explosion sociale qui se produit.

 

Comme un rien peut servir de détonateur, cela veut dire qu'on est proche d'une explosion sans précédent en France où la population va descendre dans la rue par millions. C'est quelque chose que l'on peut sentir, même à 10 000 kilomètres. Cela ne veut pas dire que cela va se produire demain, mais les conditions objectives sont remplies pour qu'une telle éventualité se réalise. Cela doit nous servir de point d'appui pour mobiliser les masses autour de nous, au lieu de répéter que la situation est « difficile », autrement dit qu'il n'est pas possible de faire grand chose... Un refrain capitulard de petits-bourgeois effrayés par la montée de la révolution.

 

Les mots d'ordre de démocratie ne peuvent que rebuter les masses pour la simple et bonne raison qu'elles l'identifient au régime actuel plus qu'au gouvernement puisqu'elles rejettent la droite et la « gauche » qui incarnent les institutions et les intérêts du capitalisme, mais pas les leurs.

 

Je ne sais pas de quelle manière les masses vont s'emparer d'une occasion et la transformer en soulèvement. Qu'est-ce qui va transformer leur colère et leur mobilisation latente en manifestation de masse ? Se saisiront-elles d'un appel à manifester pour une cause particulière ? Pour laquelle seraient-elles prêtes à descendre dans la rue, mais d'une autre façon que pour arpenter les boulevards de Paris, comme on fait une balade ? C'est la question que je me pose.

 

Forcément à l'appel du PS et du PCF ou des syndicats, même si la très grande majorité des masses n'a plus aucune confiance dans ces partis et les directions des syndicats. Les masses ne peuvent partir que d'un appel légal à manifester pour ensuite se soulever. Elles sont encore sous l'emprise de la légalité bourgeoise. On doit participer aux manifestations organisées par le PS ou le PCF lorsque les conditions nous le permettent, non pas pour former un front unique, mais pour être en contact avec les masses, si les masses répondent présents, dans le cas contraire, on n'a rien à faire dans ces manifestations.

 

Que se passerait-il si ni le PS ni le PCF ni les syndicats n'appelaient à aucune manifestation sur un thème important ? Une relative paix sociale semblerait régner en France, alors qu'au sein du prolétariat l'exaspération atteindrait son comble, auquel cas un nombre grandissant d'ouvriers et d'employés se poseraient la question de rentrer en mouvement de s'organiser ? Pas si sûr.

 

Tel ne fut pas le cas entre 1981 et 1995. Royale ou Sarkozy et tout saute avant la fin de l'année ou au printemps suivant.

 

A mon avis, on doit tout axer sur la construction du parti et s'appuyer sur le niveau de conscience des masses pour les aider à avancer dans cette direction, la prise de conscience de la nécessité de construire un parti révolutionnaire. Il est impensable de faire allégeance au régime ou de mettre en avant le front unique pour les livrer désarmées aux appareils comme se fut le cas le 10 mai 81.

 

S'appuyant sur le résultat du 29 mai 2005, sur l'abstention et le rejet des partis traditionnels du mouvement ouvrier, sur le mouvement contre le CPE, on doit expliquer aux travailleurs et jeunes que la nécessité d'un changement radical de politique ne peut signifier et passer que par le renversement du régime, par la révolution sociale, toutes les autres solutions ont été épuisées au cours des décennies précédentes.

 

Nous n'avons pas les moyens numériques pour nous lancer dans la construction de comités ou embryons de soviets à travers toute la France. Par contre, on peut peut-être participer à ceux mis en place par le PT, sur notre propre orientation, la rupture indispensable et préalable avec le capitalisme, premier pas vers la constitution d'un gouvernement ouvrier ou des travailleurs...

 

Lorsque Lambert a expliqué que la ligne politique de l'imminence de la révolution avait été une erreur, en réalité, il prenait acte de sa propre capitulation politique, axant désormais la politique du PCI, puis du PT, non plus dans la perspective de renverser de la bourgeoisie, mais dans celle de la reconquête de la démocratie par un processus électoral ou légal s'inscrivant dans le cadre des institutions de la Ve République, s'appuyant sur une fraction des partis PS-PCF que les travailleurs rejettent massivement. Ne pouvant plus appeler à un gouvernement du PS et du PCF avec ou sans ministres bourgeois, il a trouvé une formule qui y correspond à travers les comités de front populaire qu'il contribue à mettre en place, interdisant de la sorte toute perspective politique indépendante de la bourgeoisie pour les masses. Le PT a multiplié les initiatives en direction du gouvernement, s'adressant à lui pour qu'il « trouve des solutions », alors qu'il est minoritaire et illégitime depuis le 29 mai 2005. Même sans le 29 mai, cette tactique était profondément révisionniste. Se contenter de combattre pour l'amélioration des conditions de vie et de travail, pour la défense des acquis, c'est indispensable, mais insuffisant, quand il s'agit du contenu du combat politique (et non syndical), c'est sombrer dans l'économisme, le trade-unionisme, le réformisme. La question centrale doit être la nécessité de construire le parti et d'en faire prendre conscience au plus grand nombre. Toutes les autres questions doivent être impérativement subordonnées à celle-ci.

 

Trotsky parlant des réformistes et des staliniens disaient qu'ils devaient disparaître et plus tôt serait le mieux. Donc au lieu d'entretenir des illusions criminelles, d'essayer de démontrer aux masses qu'il existerait peut-être encore quelques individus isolés, plus ou moins, démocrates ou républicains au sein du PS et du PCF, comme pour qu'ils s'imaginent l'air de rien, qu'ils pourraient être beaucoup plus nombreux, mais qu'on l'ignore, il faut les pilonner tant que la situation le permet (il n'y aurait qu'en cas de menace fasciste que nous cesserions immédiatement cette tactique pour recourir au front unique).

 

Nous ne sommes plus en présence de parti de masse à proprement parlé, ils se sont vidés progressivement de leur contenu ouvrier, à l'exception du PCF. La politique criminelle du PCF à partir des années 20 a été largement diffusée auprès des masses, elles savent très bien à quoi s'en tenir. Il n'y a que des ignorants ou des égarés qui ne se situent pas sur le terrain de la lutte des classes pour rejoindre le PCF. On n'a pas à déterminer notre tactique face au PCF et au PS, par rapport à une infime minorité de travailleurs qui leur font encore plus ou moins confiance. On a à forger un parti de combattants dans la perspective de la révolution prolétarienne. Comme on n'a pas à satisfaire ou forger notre tactique sur les aspirations démocratiques bourgeoises du prolétariat quand elles existent, mais sur la nécessité de la révolution prolétarienne et les tâches qu'elle nous impose à chaque étape du processus qui doit conduire à la révolution.

 

Prendre en compte la situation objective et le niveau de conscience politique des masses ne doit pas signifier qu'on doit s'adapter au mouvement spontané des masses dont le contenu est essentiellement économique et de caractère bourgeois.

 

Pour déterminer quelle tactique adopter, on ne part pas du niveau de conscience des masses, on l'intègre dans notre analyse en s'appuyant sur les éléments les plus avancés du prolétariat en l'élevant au niveau supérieur de la conscience politique, ce qui doit se concrétiser par la prise de conscience de la nécessité de s'organiser pour prendre le pouvoir et rien d'autre.

La place du parti est capitale et incontournable comme nous le savons bien. Alors toute tactique ou bataille politique qui ne se traduirait pas concrètement par un renforcement du parti et son enracinement au sein du prolétariat, devrait être interprétée comme un moyen permettant au régime capitaliste de se perpétuer.

 

Combattre contre la fermeture d'une classe, d'un hôpital, etc., c'est indispensable, mais si c'est le seul résultat qu'on obtient, cela revient à donner un second souffle au capitaliste à le rendre plus supportable pour les travailleurs, c'est du réformisme. C'est exactement le cas aujourd'hui avec le PT, LO et la LCR. Ce genre de bataille doit être relié à la nécessité d'en finir avec ce régime et la nécessité de construire le parti pour y parvenir. Pourquoi ne l'est-elle pas ? Parce qu'on ne peut pas, d'un côté, faire alliance avec des réformistes et des staliniens sur une base qui leur est forcément acceptable, c'est-à-dire qui se situe dans le cadre de la pérennité du régime, et en même temps prétendre mener le combat pour en finir avec ce régime et recruter sur cette base, c'est impossible, il y a donc là une opposition irréductible entre ces deux tactiques qui s'excluent mutuellement. On voit bien là que le recrutement au PT ne peut se faire désormais que sur une ligne réformiste d'adaptation au capitalisme et non sur une ligne révolutionnaire de rupture avec le capitalisme. Le PT prétend que ces deux tactiques ne s'excluent pas mais se complètent, comme les intérêts des patrons et des ouvriers se complètent à travers la collaboration de classe, au profit des patrons et eu détriment des ouvriers. Comment pourrait-il en être autrement ? On ne peut pas à la fois semer des illusions dans le régime capitaliste et la nature du PS et du PCF et avancer sur la voie de la révolution, il faut choisir son camp.

 

La tactique du front unique qui était à l'origine une tactique de résistance ouvrière, est devenue entre les mains du PT et de bien d'autres, une arme de soumission totale du mouvement ouvrier au capitalisme en le livrant aux appareils, dont le front populaire constitue la forme la plus achevée. On ne peut pas définir clairement et encore moins combattre efficacement notre ennemi de classe, lorsque l'on pactise et s'allie avec les lieutenants bourgeois du mouvement ouvrier qui sont liés à la survie du régime. Dans le cas d'une menace fasciste, je le répète, on n'a pas d'autre solution que de mettre en oeuvre le FU bien que les dirigeants du mouvement ouvrier soient totalement corrompus. On s'appuie sur le fait qu'en dehors du rejet ou de la méfiance que ressentent les masses vis-à-vis de ces dirigeants, elles pourraient se saisir d'un appel à la mobilisation pour vaincre la contre-révolution et le fascisme.

 

La politique du PT n'a pas changé depuis 20 ans. Si elle s'était avérée correcte, on le saurait depuis longtemps et on le verrait. En 1981 sur les 5 000 militants que comptait l'OCI, entre 5 et 10% pouvaient être considérés comme des adhérents, cela faisait donc une organisation de 4 500 combattants révolutionnaires. 20 ans plus tard, le courant communiste internationaliste qui incarne la continuité politique de l'OCI compte environ 3 000 militants, et encore, parmi ceux-ci, il faut déduire tous ceux qui ont été intégrés à ce courant bien qu'ils n'aient rien à voir avec le Programme de transition et la tradition du bolchevisme, et compte tenu du nombre de militants du PT qui répondent aux appels à participer aux assemblées ou aux manifestations organisées par ce courant, moins de 1 000 à chaque fois, on est tenté de réduire leur nombre de 500 à 1 000 militants par rapport aux chiffres avancés par les uns et les autres, passant de 4 500 à environ 2 000 ou 2 500. On peut donc déduire qu'entre 1981 et 2006, le PT a perdu plus de militants révolutionnaires qu'il n'en a recruté et qu'il n'a en réalité cessé de régresser, au profit de la tendance réformisme qui s'impose désormais à tous ces soi-disant courants.

 

Tous les militants le savent-ils, en tiennent-ils compte, ont-ils analysé pourquoi il en est ainsi ? L'explication selon laquelle cela proviendrait des épurations successives est insuffisante et ne doit pas nous satisfaire. Le PCI n'a pas sombré du jour au lendemain. Lambert ne s'est pas réveillé un beau matin en se disant : aujourd'hui s'en est fini de la révolution socialiste, vive la démocratie ! Ce genre d'explication ne répond à aucune question, elle sert au contraire à s'en poser le moins possible. Pourquoi ? Je pense qu'il est nécessaire que tous les militants se posent ces questions, y réfléchissent et comparent leurs analyses; c'est seulement ainsi qu'on en finira une fois pour toutes avec le révisionnisme qui s'est emparé des révolutionnaires sans qu'ils ne s'en aperçoivent en règle générale.

 

Moreno a écrit que la dictature révolutionnaire du prolétariat était un des piliers du combat pour le socialisme pour vaincre le capitalisme, et retirer ne serait-ce qu'un seul de ces piliers, en l'occurrence celui-ci et ce serait tout l'édifice qui s'écroulait. Je pense qu'il avait raison de le dire.

 

La LCR et le SU, leurs dirigeants ont totalement abandonné la perspective de la dictature révolutionnaire du prolétariat rompant avec le trotskysme et le marxisme.

 

Cette discussion doit avoir lieu entre tous les militants qui veulent réellement construire un parti révolutionnaire parce que la dictature révolutionnaire du prolétariat pose directement les questions à résoudre dés le lendemain de la prise du pouvoir. Tu me diras qu'on a bien le temps, que cette question n'est pas à l'ordre du jour et sans doute auras-tu raison.

 

(J’ajoute ici une précision : cette question est déterminante, elle n’a rien d’académique et ne se borne pas à une polémique sur une question de tactique, mais elle conditionne le développement et le sort de la révolution, dans un sens ou un autre, de sa victoire ou de sa défaite. Autrement dit, l’abandon de la dictature du prolétariat ne pouvant aboutir finalement qu’à une défaite, c’est le principe même de la révolution qui est remis en cause.)

 

En lisant un des textes de Moreno, j'ai pris note de quelques citations de Trotsky sur le parti, elles me semblent intéressantes et posent les véritables questions, elles confirment en même temps la place que lui donnait Moreno pas seulement sur le plan théorique mais aussi du point de vue tactique et stratégique.

 

En voici quelques-unes :

 

« La révolution prolétarienne peut triompher sans le Parti, à l’encontre du Parti ou par un succédané de Parti. C’est là le principal enseignement des dix dernières années. Les syndicats anglais peuvent, il est vrai, devenir un levier puissant de la révolution prolétarienne ; ils peuvent, par exemple, dans certaines conditions et pour une certaine période, remplacer même les Soviets ouvriers. Mais ils ne pourront jouer ce rôle que si l’influence communiste devient prépondérante en leur sein. Cette leçon sur le rôle et l’importance du Parti dans la révolution prolétarienne, nous l’avons payée trop cher pour ne pas la retenir intégralement » (Trotsky, 1924)

 

« On me dit que le parti est nécessaire non seulement pour la prise du pouvoir mais aussi pour le maintenir, pour construire le socialisme, pour manœuvrer dans les négociations internationales. Est-ce que par hasard je ne le saurais pas assez ? » (Trotsky, 1924)

 

« J’insiste doublement dans ma préface" - c’est-à-dire dans les Leçons d’Octobre -, "sur le fait que la bourgeoisie, lorsqu’elle prit le pouvoir, bénéficia de toute une série d’avantages en tant que classe, alors que le prolétariat ne peut compenser l’absence de ces avantages qu’en possédant un parti révolutionnaire » (Idem)

 

« ... de même les conditions révolutionnaires les plus favorables ne peuvent amener le prolétariat à la

victoire s’il n’est pas dirigé par un authentique parti révolutionnaire capable d’assurer la victoire... » (Idem)

 

« ... le prolétariat ne peut même pas utiliser la situation révolutionnaire la plus favorable si dans la période antérieure, préparatoire, l’avant-garde révolutionnaire du prolétariat ne s’est pas structurée au sein d’un parti authentiquement révolutionnaire, c’est-à-dire bolchevique. Ceci est la leçon centrale d’octobre. Toutes les autres lui sont subordonnées » (Idem). Et après avoir cité et re-cité le rôle fondamental du parti communiste, il dit que « c’est l’idée centrale du léninisme » (Idem)

 

« Le mot d’ordre de "gouvernement ouvrier et paysan" est employé par nous uniquement dans le sens

qu’il avait en 1917 dans la bouche des bolcheviks, c’est-à-dire comme un mot d’ordre antibourgeois et

anti-capitaliste, mais, en aucun cas, dans le sens "démocratique" que lui ont donné plus tard les épigones, faisant de lui, alors qu’il était un pont vers la révolution socialiste, la principale barrière dans cette voie. » (Programme de transition)

 

Question :

 

Quel parti prépare-t-il aujourd'hui ses militants de la sorte ? Existe-t-il un parti bolchevik en France ? Non évidemment. Le PT avec sa « reconquête de la démocratie » bourgeoise ? Il est sur une ligne politique criminelle.

Pourquoi toutes les révolutions ont-elles été écrasées dans un bain de sang en Europe et Amérique de Sud au cours du XXe siècle ? Pourquoi plusieurs générations de militants ont-ils pu être liquidées par les dictatures militaires ? Pourquoi a-t-il fallu 20 ou 30 ans pour que le prolétariat se relève de ce massacre organisé de l'avant-garde révolutionnaire dans ces pays ? (Chili, Argentine, Brésil, Bolivie, Espagne, Allemagne, etc.

 

L'erreur essentielle a été de s'écarter du programme de la révolution prolétarienne, du Programme de transition ou de l'ignorer, d'ignorer les enseignements de la révolution d'octobre, en croyant qu'il serait possible de régler les tâches révolutionnaires à accomplir par des voies pacifistes, au moyen de la « démocratie », par la voie « légale », constitutionnelle, nationaliste et non internationaliste, en laissant les mains libres à la contre-révolution, en la laissant s'organiser pour préparer sa revanche et liquider le mouvement révolutionnaire ou la révolution.

 

Dans le programme du PT, le rôle du parti est réduit à zéro. En lisant les citations de Trotsky, on ne peut se poser qu'une question : mais qu'est-ce que ce parti ? depuis quand est-il ce qu'il est ? Je prétends que cela remonte très loin, quand en 1947-1948 au congrès du PCI, Lambert a proposé un amendement consistant à construire autre chose qu'un parti sur la base du Programme de transition, ce qui revenait à abandonner le combat pour la révolution prolétarienne... (Itinéraire, page 183) C'était en 1947-1948. Il a liquidé la deuxième mouture du PCI en 1986 pour le remplacer par un parti conforme à ce qu'il avait annoncé... 35 ans plus tôt ! Il a mis 35 ans pour mettre à exécution sa menace contre l'avant-garde révolutionnaire organisée.

 

Au moment où le prolétariat s'est retrouvé affaibli et désarmé (abandonné face à ses illusions) par la victoire du front populaire, Lambert-Gluckstein ont choisi ce moment précis pour passer à l'action, ce n'est forcément pas un hasard, et dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui... Les militants du PCI n'avaient pas le choix : capituler devant Lambert ou tenter de résister et être finalement exclus. Seul Just a résisté jusqu'au bout et il a été exclu très logiquement. Mais Just aussi avait été gagné par la gangrène du réformisme que Lambert avait savamment distillé depuis le début des années 40, il était alors le responsable du travail au sein des syndicats, et il écrira lui-même qu'il avait noué des "relations" avant le début des années 50, donc avec les réformistes qui étaient en train de construire FO. Il ne serait sans doute pas exagéré de dire que Lambert a participé à la scission de la CGT ou qu'il a agi en coulisse dans ce sens là, il a été exclu de la CGT en 1952, si je ne me trompe pas.

 

Pour revenir à ce fameux congrès de 1947-1948.

 

Aucun, je dis bien aucun dirigeant ou cadre de l'OCI, du PCI, du MPPT-PT ne s'en rendra compte ou ne fera se rapprochement au cours des décennies qui ont suivi. Mieux encore, depuis qu'il a sorti son livre Itinéraires en 2000, personne non plus n'a réagi. Avant ce livre, les dirigeants, cadres ou militants pouvaient ignorer ce passage de 1947-1948, mais après ? Pendant plus de 60 ans, Lambert a mené tous les militants en bateau sans que personne ne s'en aperçoivent. Certains de ces militants ont quitté ou ont été exclus de l'OCI, du PCI ou du PT, mais toujours pour d'autres raisons. J'en suis arrivé à la conclusion, je ne sais pas encore si elle est juste ou non, que Lambert était un usurpateur, un formidable manipulateur, le plus grand escroc depuis Staline que le mouvement ouvrier international n'ait connu, que les références qu'il a utilisées depuis les années 40 lui ont servi de la même manière à tromper les militants et les masses ; les réformistes se réclament et se prétendent socialistes, les staliniens se réclament et se prétendent communisme (bien que de moins en moins),  Lambert, Krivine et Laguiller se réclament et se prétendent trotskystes, mais en réalité tous ses gens-là sont des traites à la classe ouvrières.

 

Voilà de quoi faire réfléchir, non ?

 

Pour remettre à plat toutes les questions d'ordre politique, la tactique, la stratégie, les mots d'ordre, le programme d'action, les positions et les analyses erronées des uns et des autres dans le passé et aujourd'hui, je pense qu'il faut que cette réflexion ait lieu. Comme disait Trotsky paraphrasant Lénine : tout doit y passer, il faut passer au crible de la critique la plus intransigeante toutes nos analyses et toutes nos positions, sinon nous courrons à la catastrophe. Aucune question ne doit être écartée sous aucun prétexte et nous ne devons pas lâcher le morceau tant que nous n'avons pas obtenu une réponse satisfaisante. Il disait aussi qu'il fallait aller « au fond des choses », ne pas s'arrêter en chemin, etc. Connecte-toi sur tous les sites des différents groupes. Combien parmi eux abordent ces questions ? Je te donne la réponse : aucun.

 

Alors, quand je vois, pour revenir au début de mon courriel, des militants qui refusent sans explication de faire connaître leurs positions, par exemple sur le front unique, ou le mot d'ordre de gouvernement ouvrier, je me dis qu'on ne pourra rien construire avec de tels militants, tant qu'ils n'auront pas entrepris le travail que chaque militant doit faire, selon Lénine et Trotsky, je ne fais ici que reprendre ce qu'ils disaient rien de plus, mais un rappel salutaire s'impose parfois, y compris pour moi, car on a tous tendance à s'endormir sur des positions réputées acquises ou justes... Je me borne à te dire ce que je pense, je ne donne pas de conseils encore moins de leçons, je constate un certain nombre de choses et je dis ce que j'en pense, c'est tout. J'agis ensuite en conséquence et si j'écris des conneries, comme disait encore Trotsky, c'est inévitable on en a tant écrit ! Les camarades confondent intransigeance sur les principes et laxisme dans l'élaboration d'une analyse, d'une tactique ou d'une ligne politique qui les conduit à faire preuve d'intolérance entre eux ou vis-à-vis d'eux-mêmes puisqu'ils s'autocensurent et vont même jusqu'à s'interdire de réfléchir ou de revenir sur certaines questions cruciales pour le mouvement révolutionnaire.

 

J'ai été long parce que je profite de ce genre d'exercice (répondre à un courriel) pour voir si je suis capable de répondre aux questions que je pose et pour confronter les réponses que j'y apporte aujourd'hui par rapport à celles que j'y apportais il y a encore quelques semaines ou mois. S'il y a un décalage ou une contradiction entre les deux, je dois savoir immédiatement pourquoi, et pouvoir l'expliquer aux militants qui me le demanderaient ou s'interrogeraient à ce propos.

 

Je m'étais fixé comme première tâche il y a près de deux ans, d'arriver à comprendre ce qu'était devenu l'OCI-PCI-PT et de pouvoir en expliquer les raisons sans prêter l'oreille à la rumeur, aux états d'âme ou aux arrière-pensées des uns et des autres. Je pense y être parvenu, il ne me reste plus qu'à savoir quels liens entretenaient Lambert avec les réformistes entre 1947 et 1952, entre la création de FO et son exclusion de la CGT, mais ce n'est pas capital pour comprendre qui il est réellement et pourquoi le PT est devenu un parti réformiste.  Maintenant je vais me consacrer entièrement à essayer d'élaborer une ligne politique et une tactique qui soit conforme aux exigences de la révolution prolétarienne à venir, le meilleur moyen de la préparer, de construire le parti et l'Internationale. Et là, j'avoue que j'ai  un boulot énorme qui m'attend, car je ne peux me satisfaire de mon niveau théorique actuel, ni des positions des uns et des autres, la plupart du temps sectaires, gauchistes ou opportunistes. Je ne prétends pas imposer mon point de vue, j'ai quand même le droit d'en avoir un.

 

Une bonne nouvelle quand même pour finir, j'ai reçu un courriel d'un camarade ce matin m'informant que deux groupes étaient sur le point de fusionner, ce n'est pas encore fait, mais les discussions sont en bonne voie. Reste à savoir sur quelle base programmatique et principielle.